Huy, ville d’histoire et de patrimoine au coeur de la vallée de la Meuse
10 septembre 2026
Ce jeudi matin, les Copines et Copains se sont rendus à Huy, une pépite méconnue nichée entre Liège et Namur et qui est située au confluent de la Meuse (Moûse en wallon) et le Hoyoux. Huy séduit d’emblée avec ses ruelles pavées, ses trésors architecturaux, sa collégiale majestueuse, ses petites places animées, sa citadelle qui domine toute la vallée et, bien entendu, ses croisières paisibles sur la Meuse. C’est précisément sur le bateau « Val Mosan » que nous avons été accueillis avec un petit déjeuner bien fourni.
Une petite balade sur la Meuse nous a fait découvrir les paysages naturels et industriels de la région hutoise. Non loin de l’embarcadère, nous avons longé la Maison Batta, un ancien refuge de l’abbaye du Val-Saint-Lambert. Ensuite, nous sommes passés sous le Pont de Fer qui permet le passage des trains de la ligne dite Landen-Ciney. Plus loin, nous sommes arrivés au port de Statte qui peut accueillir une centaine de bateaux de plaisance. Le sigle de l’entreprise BioWanze ne passe évidemment pas inaperçu : ici, on produit de l’éthanol à partir de matières premières renouvelables. Encore un mot sur le Pont Père Pire : il s’agit d’un pont haubané, à un seul pylône, d’une longueur totale de 341 mètres. Sa caractéristique principale est son mode de construction (une première mondiale) : la travée suspendue au-dessus de la Meuse et le fléau d’équilibrage ont été construits sur la rive parallèlement au fleuve avant d’être mis en place par rotation. Enfin, nous avons distingué çà et là des coteaux parsemés de vignes typiques de la région. Le premier vignoble de Huy remonte à 850 et appartenait aux prince-évêques de Liège.
Après ce petit tour bien sympathique sur la Meuse, nous n’avions que la route à traverser pour rejoindre le parvis de la Collégiale Notre-Dame et Saint-Domitien où deux guides nous attendaient. Coincée entre le rocher, la Meuse et le Hoyoux, cette collégiale est unique à plus d’un titre. La masse imposante de ce monument, remarquablement intégré au site, allie avec harmonie le style gothique rayonnant du XIVe siècle et le gothique flamboyant du XVe siècle. Trois tours carrées l’encadrent : à l’ouest, la grosse tour de 48 mètres de haut et, de part et d’autre du chœur, les tours jumelles plus élancées. La tour Saint-Materne sur le côté nord abrite un carillon de 49 cloches du XVIe au XIXe siècle.
L’intérieur de cet édifice très impressionnant. Il surprend par sa hauteur (25,30 mètres) et par les décors végétaux du XVIe siècle qui couvrent les voûtes. Les vitraux du chœur atteignent une hauteur exceptionnelle de vingt-deux mètres ; y figurent les quinze mystères du Rosaire. La pièce maîtresse est évidemment « Li Rondia », nom wallon de la plus grande rosace de style gothique rayonnant de Belgique ; elle est la troisième merveille de Huy. Datée de 1508, elle mesure 6 m de diamètre à l’intérieur et 9 m à l’extérieur.
La crypte romane est datée de 1066 et est le seul vestige de la collégiale romane, remplacée à partir de 1311 par l’actuelle église gothique. La crypte abrite le « Trésor de la collégiale », l’un des plus riche de Belgique, qui se compose principalement de quatre châsses des XIIe et XIIIe siècles. Y sont aussi exposés quelques émouvants objets découverts dans le tombeau de Théoduin de Bavière, tels son calice et la croix funéraire en plomb gravé de 1075.
En quittant la collégiale, nous avons emprunté l’étroite rue des Cloîtres qui longe l’ancienne maison canoniale d’Oultremont pour nous arrêter un instant sous le portail dit « Le Bethléem », réalisation importante de l’art gothique. Il se présente comme un portail que les maîtres d’œuvre auraient détaché de l’église pour le construire à front de rue, au vu des habitants. Le registre central montre La Nativité avec la Vierge couchée, l'Adoration des bergers et l’Adoration des mages encadrent la crèche de pierre surmontée d’une représentation pittoresque du Massacre des Innocents.
En passant près du Hoyoux, nous avons rejoint ensuite la Grand-Place pour le repas de midi. C’est également là qu’a débuté notre petit parcours à pied dans le vieux Huy.
Sur la place trône une belle fontaine : « Li Bassinia », la quatrième et dernière merveille que nous avons découverte sur notre parcours. Au centre d’une grande cuve, quatre personnages représentent sainte Catherine, Ansfrid (dernier comte de Huy), saint Mengold et saint Domitien. Leur voisin du dessus, « li Cwèrneû » (le sonneur de cor), occupe son poste de veille au sommet du Bassinia dès 1597. Depuis sa création en 1406, la fontaine est alimentée par une pompe amenant l’eau d’une source située dans le quartier Sainte-Catherine.
Cachée derrière l’imposant Hôtel de Ville se situe la place Verte. Lieu de marché puis parking, elle a été entièrement rénovée en 2013 pour devenir un espace totalement piétonnier. Parmi les bâtiments qui bordent la place, il faut citer la maison Nokin : ancien immeuble patricien du début du XVIe siècle. S’y trouve également l’église Saint-Mengold : désaffectée en 1979, elle accueille aujourd'hui de nombreuses expositions artistiques et culturelles.
Ensuite, nous avons emprunté des ruelles bordées de hauts murs anciens où le paysage semble inchangé depuis des siècles, avant de passer entre la maison gothique près-laTour et la maison du Gouverneur (XVe siècle), des rares témoignages d’architecture médiévale civile qui rappellent l’opulence que connaissait autrefois la petite cité.
L’ancien couvent des Frères Mineurs, est également très intéressant. Du premier couvent bâti en 1244 ne subsistent que des vestiges inclus dans l’église. Les bâtiments conventuels de 1662, avec leurs colonnades surmontées de façades en brique et calcaire percées de fenêtres à meneaux et croisillons, sont un archétype du style mosan.
Nous avons continué notre balade dans des petites rues aux noms d’anciens métiers artisanaux. Puis, nous avons emprunté la Cour Arlette de Huy où trône d’ailleurs une belle statue de la jeune femme. À l’âge de 14 ans, elle séduisit le jeune Duc Robert le Magnifique, qui la prit pour concubine. Un enfant naîtra à Noël 1027 : le célèbre Guillaume d'abord appelé "le Bâtard", puis plus tard "le Conquérant", futur roi d'Angleterre, fondateur de toute la dynastie qui y règne encore de nos jours !
Nous avons ensuite regagné la Grand-Place pour le traditionnel verre de l’amitié avant le retour à Gembloux.
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